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L'ASSASSINAT DE NICOLAS SARKOZY

 
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<FrA>BlinD
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MessagePosté le: Lun Mar 17, 2008 10:36 pm    Sujet du message: L'ASSASSINAT DE NICOLAS SARKOZY Répondre en citant

L'ASSASSINAT DE NICOLAS SARKOZY




Le brigadier-chef Gressintes se repassait les images pour rien moins que la dixième fois. A chaque visionnage, son front contracté semblait gagner une ride, tandis que son menton s’allongeait d’un nouveau centimètre, allégorie vivante de la perplexité.
Durandal insistait : « Mais c’est lui, non ? »

Le jeune flic, frais émoulu de l’école de police, s’excitait comme un chien à la saison du rut.

Gressintes acquiesça froidement, avec une gravité dubitative. Oui c’était lui, à n’en pas douter. Sur la bande, qui défilait maintenant pour la onzième fois, on voyait un type en costard sortir d’un immeuble par une porte cochère, puis derrière lui un deuxième homme en blouson bleu, un Africain, qui rattrapait le premier, lui braquait un flingue sur la nuque, et la surprise passée, le forçait à monter dans sa voiture à la place du conducteur tandis que lui, son ravisseur, s’installait à l’arrière en le tenant en joue. La victime, en dépit de la qualité médiocre des images compressées, n’était pas bien difficile à identifier, même si cela paraissait incroyable, aberrant : c’était le Président. C’était Nicolas Sarkozy.

On distinguait nettement la plaque d’immatriculation de la Renault du kidnappeur, au volant de laquelle le Président, sous la menace du pistolet, était parti. Gressintes en nota machinalement le numéro sur un post-it.

Durandal ne tenait plus en place.

- Putain j’y crois pas ! Quand je vais raconter ça aux copains, ils vont jamais me croire ! Ah la vache !

- Certainement pas, lâcha Gressintes d’un ton qui n’admet pas de réplique. Tu ne vas certainement pas raconter ça aux copains. Est-ce que quelqu’un d’autre que toi a vu cette bande ?

- Euh… non.

- Est-ce que tu en as parlé à qui que ce soit d’autre que moi ?

- Non chef. Je suis venu vous le montrer tout de suite.

- Bien, alors n’en parle à personne. C’est un ordre. Tu comprends bien que je ne peux prendre aucun risque. Je vais alerter le RAID et toi, tu tiens ta langue si tu veux pas finir à la circulation. Pigé ?

- Oui, chef.

- C’est bon, tu peux y aller.

Durandal referma la porte avec précaution, partagé entre le décontenancement et la fierté de se savoir détenteur, pour quelque temps au moins car ce genre d’affaires a tôt fait de s’ébruiter, d’un secret d’Etat.

Gressintes à nouveau seul se repassa une douzième fois la séquence. Son visage se détendit, la perplexité se muait lentement en sourire ; un sourire inquiétant, ambigu, de satisfaction malsaine. Le brigadier-chef se détourna du bureau, ouvrit un placard au ras du sol, dont il extrait un verre et une bouteille d’Aberlour. Il se versa un whisky bien tassé, prit une longue rasade, les yeux rivés sur le visage stupéfait du Président tandis que l’autre lui braque sous le visage son pistolet, et leva son verre en prononçant à voix haute, solennellement : « A la tienne, négro. »

Le brigadier se pencha vers le magnétoscope, appuya sur pause alors que la séquence touchait à sa fin, puis enfonça la touche d’effacement, détruisant les images. Puis il froissa le post-it sur lequel il avait noté la plaque d’immatriculation de l’Africain, qui lui aurait permis plus qu’aisément, si la voiture n’était pas volée, de l’identifier, et le fit brûler dans le cendrier. Tu parles, qu’il alerterait le RAID. C’était trop beau. La semaine dernière encore, deux de ses hommes avaient été tués en opération, quatre autres grièvement blessés, dans une de ces banlieues maudites qui explosaient quasi quotidiennement. Jamais, à aucune période de l’histoire, la haine du flic n’avait atteint en France de tels sommets que depuis que Sarkozy avait accédé au poste suprême, et disposait des forces de police comme un général aliéné de ses soldats sur le front de Verdun. Les gens tuaient des flics par plaisir, suffisait que l’occasion se présente, et l’opinion prenait parti pour les assassins ; tous observaient face aux enquêteurs une farouche omerta quand ils ne s’en prenaient pas carrément à eux. Les commissariats transformés en camps retranchés flambaient de Paris à Marseille et de Strasbourg à la Rochelle dans les attentats au cocktail molotov. Les flics démissionnaient en masse, on ne comptait plus depuis des années une semaine sans apprendre aux informations le décès d’un collègue des suites de ses brûlures, ou asphyxié dans un incendie criminel. On devait parfois faire intervenir l’armée dans les cités pour en évacuer les policiers, membres des Forces de Sécurité Urbaine et autres CRS qui s’y étaient fait encercler, et ne parvenaient plus à se sortir eux-mêmes de ce guêpier. ça non, il ne lèverait pas le petit doigt. Pas un flic n’irait sur son ordre risquer un cheveu pour protéger celui qui avait réussi, en moins de quatre ans, à faire multiplier par plus de trente le taux de décès par homicide des policiers, et près de quarante celui de leur décès par suicide.


*


Sylvain avait treize ans. Les gens disaient qu’il en paraissait seize. Les yeux clos, mains croisées sur le ventre, allongé dans le cercueil, on lui en aurait bien donné dix-huit. La mort ça vieillit les enfants, tout comme les plaies, les boursouflures sur le visage, quelle que soit la couche de maquillage dont on les recouvre.

Le jeune garçon s’était trouvé « au mauvais endroit au mauvais moment », pour reprendre l’expression du Président. C’est-à-dire, dans un couloir des caves de sa cité, où il venait de ranger son vélo de retour de l’école, au cours d’une rafle policière d’une brutalité inouïe, de celles qu’ils effectuaient à tour de bras dans les quartiers sensibles, casqués et bouclier au poing, la matraque électrique brandie vers un pas-si-hypothétique ennemi, et précédés d’un feu nourri de lacrymogènes dont on ne comptait plus les victimes décédées par asphyxie, allergie ou crise d’asthme – qu’on ne comptait d’ailleurs plus au sens propre, puisque la publication de statistiques sur le sujet était officiellement interdite sous peine de prison ferme, au nom du maintien de l’ordre public qui eût pu s’en trouver, à juste titre, troublé.


*


« C’est sordide », songeait au beau milieu de sa légitime angoisse le Président captif en gravissant, mains entravées, les marches de l’escalier qui le menaient au logement de son bourreau, entre murs écaillés suintant et fouillis électrique brinquebalant à nu, telle une jungle sauvage à l’assaut des plafonds ; c’était la première fois qu’il pénétrait dans une cité sans l’habituelle escorte de flicaille et journaleux.

A chaque palier il adressait aux caméras dans leur boîtier blindé une grimace désespérée ; Jean-Pierre Swala ne s’en rendait pas compte, ou plus vraisemblablement, s’en foutait.

A l’autre bout devant leurs écrans, toutes les polices de France, dans la continuité de l’officier Gressintes, passaient d’abord par une phase de stupeur, puis balançaient entre incrédulité et franc fendage de gueule.


*


Les images visionnées et détruites une heure plus tôt par le brigadier-chef Gressintes, ainsi que celles de « l’ascension du Golgotha », comme les appelleraient bientôt les journalistes pour désigner la lente montée des marches du Président dans la cage d’escalier pourrie, tournaient déjà en boucle sur toutes les télés de France.

Tout comme une décennie plus tôt les avions s’encastrant dans les tours jumelles, le très inhabituel désarroi du Président, sur les écrans interloqués des mass media qui l’avaient tellement choyé, devenait un formidable objet de sidération. Ces images, on les scruterait hypnotisés tard dans la nuit, revenir encore et encore ; ça ferait quelque chose aux quadras qui avaient déjà vu chuter le Mur de Berlin, s’effondrer le très glorieux World Trade Center dont la plupart apprirent le nom une vingtaine de minutes avant sa dispersion poussiéreuse et sanglante sur le Financial District de Manhattan ; ils auraient assisté ainsi à la naissance et rapidement à la disparition de la « République » sarkozienne : une République dont la devise eût pu être, à l’exact rebours de la précédente, tellement bafouée déjà, Surveillance, Inégalité, Haine de l’autre.


*


Le Président ne manquait pas d’un certain cran. Pour un peu, Jean-Pierre aurait été enclin à l’admirer. Torse nu, le froc aux chevilles, dépouillé de son gilet pare-balles, assis les mains dans le dos sur une chaise, il invectivait et vitupérait, il enrageait comme jamais, proposait soudain de négocier puis changeait brusquement de stratégie, menaçait, vous ne vous en tirerez jamais, vous n’avez aucune chance, ils vous abattront dès que vous mettrez le nez dehors, combien voulez-vous ?, etc.

Il n’avait pas encore compris, alors, que Jean-Pierre ne comptait nullement le négocier, le revendre contre rançon à ses pauvres cons d’électeurs, à cette France toujours si complaisante envers ceux qui l’enculent. Il n’avait pas compris que Jean-Pierre Swala allait tout bonnement, sans conditions ni négociation d’aucune sorte, l’exécuter.


*


Le ministre de l’Intérieur semblait quelque peu décontenancé. Il hallucinait complètement. Lui si déterminé d’habitude, si prompt à déclencher la ratonnade républicaine, tournait en rond, dansait d’un pied sur l’autre, s’interrogeait et se turlupinait, marmonnant, au lieu d’agir et d’ordonner, des « ça me sidère » et autres « mais qu’est-ce qu’on va pouvoir bien faire ? » Complètement largué.

Il faut dire aussi que la situation n’était pas banale. Pour un cas pareil, habituellement, il s’en serait remis à l’avis de son modèle et maître à penser, en matière d’opérations policières musclées, qui lui aurait conseillé, c’est vraisemblable, de claironner la fermeté devant les médias, et peu ou prou de rentrer dans le tas. Seulement voilà, son maître à penser, présentement, se trouvait être l’otage même du forcené, bien incapable pour une fois d’aboyer la sacro-sainte continuité du fameux ordre républicain, réaffirmer l’autorité de l’Etat et ordonner de foncer dans le tas ; il devait plutôt être, et on le serait à moins, en train de chialer sa mère. Configuration inédite s’il en est ; et qui, manifestement, dépassait complètement les capacités d’analyse et de prise de décision du Premier Flic de France.

Par un réflexe acquis, il avait consulté en premier lieu le chef de l’antiterrorisme, un dur de dur. Celui-ci lui avait répondu texto qu’il « n’en avait rien à foutre. » Qu’il appliquerait les ordres sous réserve qu’ils fussent consignés par écrit – « l’Histoire jugera ! », avait-il même lancé, non sans grandiloquence –, mais qu’il ne prendrait lui-même aucune initiative.

Dans un sursaut d’orgueil très inconsidéré, le ministre avait éructé « J’exige votre démission ! » ; du tac au tac l’autre avait rétorqué pas de problème, vous l’avez, et sur ce, lui avait raccroché au nez.

On était dans la merde comme rarement. ça sentait la fin proche, brutale, désespérée – ou au contraire, n’en déplaise au ministre ébranlé, pleine d’un espoir nouveau.


*


Swala appuya le canon contre le torse du Président en sueur, baignant dans sa pisse et exhalant une forte odeur de merde : l’odeur, précisément, de la peur – cette peur même qui était devenue le quotidien des déclassés, de ceux qu’on avait appelés, autrefois, des « exclus », mais que le lexique présidentiel avait requalifiés d’appellations plus aptes, selon lui, à frapper les esprits : vermine, parasites sociaux, racailles, sangsues inutiles, profiteurs-du-système.

Cette arme, Swala l’avait trouvée quelques années plus tôt, abandonnée par son propriétaire, un policier, derrière une poubelle, un lendemain parmi d’autres de nuit d’émeute. C’était un flashball à l’ancienne, datant du temps que les flics ne tiraient pas encore sur la population à balles réelles, et ne bénéficiaient pas encore du régime d’exception judiciaire dit de « légitime défense préventive », qui leur permettrait par la suite d’exercer les pires violences en toute impunité dans les Zones de Contrôle Prioritaire, qui recouvraient désormais presque deux tiers du territoire national.

Sarkozy faillit s’évanouir sous la fulgurance de la balle de caoutchouc tirée à bout touchant, lui brisant net une côte flottante. Il commença de vomir, et Swala dut lui retirer son bâillon pour éviter qu’il ne s’étouffe, et le prive ainsi du spectacle d’une agonie plus lente.


*


Les autorités venaient d’apprendre l’identité du ravisseur. ça n’avait pas traîné. Jean-Pierre Swala. « Swala », comme le gosse qui y est passé l’autre jour ? Exactement. C’est son frère aîné.

Ah voilà.

Ils savaient maintenant qu’il n’y aurait pas de demande de rançon. On pouvait mettre Bercy en stand by. Et s’attendre à du sang.


*


Que se disaient les deux hommes, dans le probable enfer de leur face à face, se demandait-on au pied des tours que des hommes cagoulés, intégralement vêtus de noir, faisaient évacuer de leurs locataires ahuris et basanés, en prévision de l’assaut à venir.

Rien. Ils n’avaient rien à se dire.

Swala ne connaissait que trop, comme chaque Français, les rengaines du Président. Il ne voulait plus l’entendre, jamais, il voulait lui taire sa gueule. Définitivement. « Je tiendrai mes promesses », déclarait-il souvent. Il ne promettrait ni n'aurait plus rien à tenir. Il allait mourir. Swala n’avait lui non plus rien à dire au Président, ou peut-être beaucoup trop sur le cœur pour l’exprimer. Et puis, parler pour quoi faire ? Le Président n’entendait rien, jamais. Il en avait maintes fois donné la preuve. Il ne remarquait jamais, ou refusait de voir, aucun des signaux d’alarme pourtant tirés de tous côtés.

D’ailleurs on ne raisonne pas un chien enragé, on ne le guérit pas : on l’abat.

Swala posa sur un coin de table le pistolet flashball et reprit l’autre, le vrai, celui dont les balles sont faites pour transpercer les chairs, et tuer.


*


En bas la rumeur avait vite couru. Les précautions des policiers n’avaient servi à rien. ça jacassait en tous sens. On allait être, pour une fois, aux premières loges.

Tout le monde ici avait au moins une fois croisé Swala, connaissait l’histoire de son petit frère, tout le monde savait aussi ce qu’était ce Président. Des vieilles Arabes se lamentaient, des hommes disaient qu’il l’avait bien cherché, les enfants s’esclaffaient, chahutaient, applaudirent au premier coup de feu. Les enfants sont cruels, c’est bien connu.


*


Les couilles du Président venaient d’exploser dans une gerbe coquelicot.


*


Le ministre de l’Intérieur avait repris du poil de la bête avec l’arrivée des caméras. Réflexe professionnel. Cette « tragique aventure », (c’était ses mots), si elle se terminait bien, pouvait le propulser Premier ministre. Et de là, un jour, peut-être...

Il déclara que le coup de feu entendu ne prouvait rien. Qu’il pouvait ne s’agir que d’une manœuvre d’intimidation du ravisseur. Qu’il y croyait, lui ; que le Président en avait vu d’autres, et sortirait encore grandi de cette « terrible épreuve » ; qu’il ne se laisserait pas assassiner comme ça.

Le con.

Les journalistes français, race bien connue pour son indépendance d’esprit, répétaient docilement les propos « rassurants » du ministre, jouaient comme ils savent si bien le faire la double carte du l’heure est grave et du pas de panique, « surtout ne zappez pas nous vous donnons plus d’infos après cette courte page de pub ».

Sur les toits, les blocs de béton, les rampes, les cadors anonymes du RAID se la jouaient Yamakazi. Au moins quatre-vingt hommes le fusil à lunette pointé sur les fenêtres fermées de la famille Swala, comme un troupeau de chasseurs en mal de gibier qui s’apprêtent à tirer sur un malheureux pigeon jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une plume, pas un atome. Un déploiement de forces impressionnant, qui aurait fait sourire Swala, jadis amateur de Rambo, s’il avait pu y assister, et avait eu la tête à cela.


*


Sous l’abdomen du Président s’écoulait lentement une bouillie de testicules, de bassin fracassé, d’aine pulvérisée et bite hachée menue. L’hémorragie s’épandait comme d’un ancien volcan qu’on aurait cru trop vieux, dont on verrait rejaillir le feu... ça rougeoyait.

Il s’éteint en râlant.

Swala n’eut pas le courage de lui fermer les yeux. On ne lui avait pas laissé fermer ceux de Sylvain, écarquillés par la terreur qui reste loin dans la mort sur le visage de ceux qu’on lynche. Un enfant de treize ans.

Du dehors, on entendit bientôt une seconde détonation.


*


Lerbieux pénétra seul dans l’appartement. Seul et désarmé, c’est ainsi qu’on apprend à amadouer les forcenés. Sur sa droite, il venait de laisser le cadavre somptueusement mutilé de feu le Président de la République, sans parvenir à réprimer l’idée, pour lui honteuse, que cela leur éviterait à lui et à ses hommes d’avoir à lui sauver la peau.

Il dirait à Swala qu’il fallait se rendre, qu’il ne lui serait fait aucun mal. Il était intimement persuadé du contraire, et pourtant il aurait voulu que ce soit vrai. Sincèrement. Un procès équitable, avec au bout, peut-être, l’acquittement. On avait déjà vu des cas moins défendables.

Il s’apprêtait à mentir, à contrecœur, pour faire son devoir. Ce ne serait pas nécessaire.

Jean-Pierre Swala était assis sur le lit de son petit frère. Il s’était donné la mort d’une balle dans le foie. Proprement.

Son visage était sans haine. Apaisé. Il n’avait rien laissé. Ni explication, ni testament, aucun post-scriptum. Il lui avait semblé que ça parlerait de soi. Il avait raison.


*


Pour la première fois depuis la promulgation de la loi Seillière instaurant le travail obligatoire pour tous, la semaine de cinquante-deux heures, abolissant le SMIC et le droit de grève, les gens osèrent ne pas se rendre au turbin. Ce fut une journée de liesse, de partage et de communion nationale. Des millions de personnes descendirent dans la rue, toutes races, communautés, classes sociales et religions confondues. Des musulmans tombaient dans les bras de juifs orthodoxes en pleurant toutes les larmes de leur corps, des cadres supérieurs trinquaient avec les ouvriers au bistrot, les flics et l’armée fraternisaient avec la population, et tout ce peuple bigarré, ivre de liberté retrouvée, dansait dans la rue, chantait à tue-tête, détruisait par dizaines de milliers les caméras de télésurveillance et autres portiques de contrôle identitaire, descellait les barreaux des grilles d’enceinte séparant les beaux quartiers de ceux réservés aux « classes dangereuses » ; les réjouissances durèrent ainsi trois jours et quatre nuits entières, au mépris du couvre-feu interrompu de fait.

Partout en France, on assista aux mêmes scènes d’euphorie collective, d’hystérie festive se propageant comme un grand éclat de rire. Le parlement fut déposé, les membres du gouvernement bastonnés par la foule et leurs corps jetés à la Seine. Le 13 décembre fut promulgué Fête Nationale, afin que chaque année soit commémorée la chute du tyran, et cette folle semaine que l’on désignerait bientôt, dans les livres d’Histoire, sous le nom de Grande Réconciliation.

Jean-Pierre Swala fut incinéré quelques jours plus tard, et ses cendres déposées au Panthéon. Huit millions de personnes firent le déplacement pour assister à ses funérailles, et rendre au héros un dernier hommage. Des rues, des écoles, des hôpitaux furent débaptisés pour porter son nom, rejoignant ainsi ceux de Jaurès, Paul Eluard, Jean Moulin.


Régis Clinquart ,
novembre 2005 / mars 2007.



Vous pouvez librement imprimer, reproduire et diffuser ce texte sur tous supports, sous réserve de n’y apporter aucune modification (ni ajout, ni retrait), et d’en mentionner l’auteur.

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MessagePosté le: Mar Mar 18, 2008 7:20 pm    Sujet du message: L'ASSASSINAT DE NICOLAS SARKOZY Répondre en citant

trop long pas le courage Crying or Very sad
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MessagePosté le: Jeu Aoû 17, 2017 6:22 pm    Sujet du message: L'ASSASSINAT DE NICOLAS SARKOZY

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